lunes, 14 de junio de 2010

Bernard Lavilliers

Noir et blanc



C'est une ville que je connais
Une chanson que je chantais.
Y a du sang sur le trottoir
C'est sa voix, poussière brûlée
C'est ses ongles sur le blindé.
Ils l'ont battu à mort, il a froid, il a peur.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
Po Na Ba Mboka Nionso Pe Na Pikolo Nionso
Il vivait avec des mots
Qu'on passait sous le manteau
Qui brillaient comme des couteaux.
Il jouait d'la dérision
Comme d'une arme de précision.
Il est sur le ciment, mais ses chansons maudites
On les connaît par cœur,
La musique a parfois des accords majeurs
Qui font rire les enfants mais pas les dictateurs.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur.
Ça dépend des latitudes
Ça dépend d'ton attitude
C'est cent ans de solitude.
Y a du sang sur mon piano
Y a des bottes sur mon tempo.
Au-dessous du volcan, je l'entends, je l'entends
J'entends battre son cœur.
La musique parfois a des accords mineurs
Qui font grincer les dents du grand libérateur.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur.

C'est une ville que je connais
Une chanson que je chantais
Une chanson qui nous ressemble.

C'est la voix de Mandela
Le tempo docteur Fela
Ecoute chanter la foule
Avec les mots qui roulent et font battre son cœur.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur
Po Na Ba Mboka Nionso... Pe Na Pikolo Nionso

"Question de peau"

B: Ils m'ont arrêté une nuit
ou le froid jouait du rasoir
Rue de Flandres, loin du pays
Entre le crack et le poignard

Question de peau-question de veine et de couleur

T: Je me suis planqué comme un rennard
Train d'atterisage d'un avion
Dans le container d'un baqnaud
dans la chambre à air d'un camion

Question de peau-question de veine et de couleur

Refrain: Arriver, au fond des corridors
Travailler au noir jusqu'à la mort
Clandestins, traqués par la police
Silencieux au bord du précipice

B:C'est à fleur de peau qu'on explique la forêt sanglante et l'horreur

T:Si Charles taylor c'est l'Afrique, vaut mieux annoncer la couleur

Question de peau-question de veine et de malheur

Musique et musiciens d'Afrique-faut voir l'immigration des blancs
On peut crever, c'est très ethnique, avec l'extrême onction des grands

Question de peau-question de veine et de couleur
Question de trop-question de chance-marge d'erreur

Refrain: Arriver, au fond des corridors
Travailler au noir jusqu'à la mort
Clandestins, traqués par la police
Silencieux au bord du précipice


Est ce ainsi que les hommes vivent (chanson de Léo Férré)



Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
A quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays.

Cœur léger cœur changeant cœur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit.

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien

Dans le quartier Hohenzollern
Entre la Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un cœur d'hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m'allonger près d'elle
Dans les hoquets du pianola.

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.

Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n'en est jamais revenu.

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.

Il est d'autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t'en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton cœur
Un dragon plongea son couteau

Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.


Bernard Lavilliers & Cesaria Evora - Elle Chante



Elle chante un peu voilé souple comme le vent
C’est une mélodie sans paroles hors du temps
Elle chante les yeux fermés en fléchissant le cou
Plongée dans un pays très éloigné de vous

Alors les mots qu’elle improvise
Sont faits de violence et d couleurs
Sa voix qui était fluide d’abord se brise et se renforce
Comme les blessures de l’âme dans la profondeur de l’écorce

Mais d’où lui vient cette infinie douceur
Cette sensualité mélangée de pudeur
Ses belles mains quand elles se posent
Sur une épaule ou sur mon bras
Tout se métamorphose
On oublie la mort on s’en va

Elle chante la terre rouge la sèche la stérile
Elle chante les hommes proscrits les sans terre dans les villes
Les jeunes filles en noir et tous les enfants dans les rues
Les longues années sans pluie et ceux qu’on n’a jamais revus

Elle a ce don cette lumière pour chanter des mots à sa terre
Le rêve qui la berce devient un grande vent ravageur
Et puis innocemment parle d’amour et de chaleur

Mais d’où lui vient cette infinie douceur
Cette sensualité mélangée de pudeur
Ses belles mains quand elles se posent
Sur une épaule ou sur mon bras
Tout se métamorphose
On oublie la mort on s’en va

Elle chante des mots qu’elle improvise
Venus de loin des profondeurs
Sa voix qui était fluide d’abord se brise et se renforce
Elle est la vie la mort la fragilité et la force
Elle est la vie la mort la fragilité et la force

Bernard Lavilliers - Interview + Bosse au 13h de France 2

Album " Samedi Soir à Beyrouth "

Disparu depuis des années
Comme un filon dans la faille
Comme un manuscrit oublié
Ils ont retrouvé le travail
Il faut qu’tu boss’s lorsque le jour se lève
Bosse on attend la relève
Boss’ la montée de la fièvre
Bosse il faut que tu bosses
Il faut qu’tu Bosses pour conjurer le sort
Boss’ sous la terr’ dans les ports
Boss’ pour dépasser la mort
Bosie il faut qu’tu bosses.

Aujourd’hui c'est un privilège
Mais ça ne me dit rien qui vaille
C’est une idée au fond d’un piège
Ils ont séquestré le travail
Il faut qu’tu boss’s bosses
Il faut qu’tu boss’s ton sourir’ carnassier bosse
Boss’ total’ment surbooké
Boss’ les réseaux d’initiés bosse.

T’étais vraiment un employé
Modèl’ parfait pour la médaille
Multinationales ont filé
Ils ont revendu ton travail
Il faut qu’tu boss’s pour la survie le cash
Boss’ pour fair’ partie du staff
Boss’ pour les bimbos le strass bosse
Faudra qu’tu bosses et quand viendra la fin
Bosse allongé dans l’sapin
Boss’ t’auras plus b'soin de rien bosse.

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